GGPoker n’a pas renoncé aux tables françaises. Dans un entretien à Poker Industry PRO, Sarne Lightman, dirigeant de NSUS Group, maison mère de GGPoker, répète son objectif. Il veut faire entrer la France, l’Espagne, le Portugal et l’Italie dans le réseau mondial de la room.
« GGPoker est convaincu que le poker gagne à être une liquidité ouverte et mondiale », affirme-t-il. Le groupe compte bien « éduquer » les régulateurs sur ce point. Et il désigne un coupable : les opérateurs installés dans ces pays, qui feraient pression contre l’ouverture pour « contraindre le marché ».
Le verrou est dans la loi
Le groupe connaît le dossier par coeur. La loi française ne permet de partager les joueurs qu’avec d’autres Etats européens, liés par une convention avec le régulateur. Les autorités française, espagnole, portugaise et italienne ont signé la leur en 2017, après des années de discussions. Les premières tables franco-espagnoles ont ouvert au début de l’année suivante.
Aucun opérateur ne peut lever ce verrou. Une liquidité mondiale imposerait au Parlement de rouvrir la loi de 2010, et la fiscalité suffit à freiner le projet. Chaque pays taxe le poker en ligne à sa façon, avec son propre taux et sa propre assiette. Un sujet qui pose déjà des questions dans le traitement des joueurs selon qu’ils proviennent de France ou d’Espagne. Sur une table qui mélange des joueurs du monde entier, reste à savoir quel Etat prélève quoi, et sur quel pot.
Désigner les opérateurs plutôt que le législateur relève donc de la tactique. Un régulateur accepte mal qu’on lui reproche son protectionnisme. Un concurrent qui verrouille le marché fait un coupable plus commode. Le message vise les autorités : le statu quo protégerait quelques acteurs installés, aux dépens des joueurs.
Face à GGPoker, Winamax a de quoi voir venir
Les opérateurs français n’ont certes aucune raison de dérouler le tapis rouge. Winamax, numéro un du poker parmi les huit opérateurs agréés, perdrait des parts de marché face au géant mondial. Le poker leur sert aussi de produit d’appel. FDJ United l’assume dans son dernier communiqué : Unibet y devient sa marque unique pour le poker et les paris, « favorisant ainsi les ventes croisées ».
Le marché français, lui, ne manque pas d’idées. Winamax a inventé l’Expresso en 2013, que PokerStars a repris un an plus tard sous le nom de Spin & Go. Il a lancé le Space KO fin 2024, Betclic son Smash KO au printemps. La room mondiale s’en inspire volontiers.

Son Ocean KO, lancé en octobre, reprend presque à l’identique le Space KO de Winamax. GGPoker réclame l’accès aux joueurs français, il a déjà trouvé le chemin de leurs formats.
