Trois tournois, des buy-ins de 120 à 190 euros et moins de dix tables : le premier festival de poker du casino de Boulogne-sur-Mer a tout d’un ballon d’essai. Il en dit pourtant long sur la stratégie de son exploitant, Golden Palace, qui rejoint la liste toujours plus longue des casinotiers faisant le pari du poker.
Le mouvement s’accélère. Début octobre, Circus Poker France réussissait son lancement au Casino de Carnac, avec 172 joueurs pour un premier tournoi à 250 euros. Golden Palace emboîte le pas avec la même conviction, des tournois à faible buy-in pour satisfaire une demande locale et se lancer.
Un produit d’appel plus qu’une source de profit
Cette conviction est celle de Massimo Menegalli. Le CEO du groupe souhaitait exploiter le poker dans ses casinos français, avec un calcul clair : un festival ne dégage pas de profit en soi, mais il crée un ruissellement sur le reste de l’établissement. Machines à sous, jeux de table, restauration et, le cas échéant, hôtellerie en profitent.
Reste que le poker ne s’improvise pas. Le produit exige des compétences d’exploitation distinctes de celles d’un casino traditionnel : espace pour les tables, matériel dédié, amplitude horaire élargie, staff formé à l’exploitation de ce produit, gestion des joueurs. C’est sur cet obstacle que butait jusqu’ici la volonté de la direction, comme celle de nombreux casinotiers. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si le Groupe Partouche, principal acteur du poker en casino, délègue la production de ses événements.
Boosty Poker aux manettes
Golden Palace a retenu la même solution en confiant l’organisation à Boosty Poker. La société, dirigée par Eric Nakache, est connue pour ses événements poker B2B et pour sa contribution, depuis plusieurs années, à la production du Winamax Poker Tour.
De l’aveu même de Massimo Menegalli, les deux partenaires abordent ce rendez-vous comme un test. Aucune offre pérenne n’est envisagée à ce stade à Boulogne-sur-Mer, en particulier en cash game.
La capacité impose aussi sa prudence. Avec moins de dix tables, la communication reste volontairement minimaliste, pour éviter l’attente, bête noire des organisateurs comme des joueurs. D’où l’invitation faite aux participants à réserver leur place pour s’asseoir, cartes en main, dès leur arrivée.

Un parc appelé à doubler
Au-delà de Boulogne-sur-Mer, le terrain de jeu ne manque pas. Golden Palace exploite aujourd’hui deux casinos en France, à Boulogne-sur-Mer et à Noirétable. Ce parc va doubler avec l’ouverture de Digne dans quelques jours, puis celle de Thonon-les-Bains au premier trimestre 2027.
Comme Circus Poker France, le groupe ne se fixe d’autre limite que le nombre de ses établissements. Noirétable, Digne et Thonon-les-Bains ont tous vocation à accueillir un événementiel poker capable de devenir un véritable vecteur d’attractivité.
Après avoir été longtemps boudé par les casinotiers, le poker devient pour eux un moyen de faire découvrir leurs établissements à une clientèle captive. Une clientèle qui se déplace, consomme sur place et, parfois, prend place derrière une machine à sous ou autour d’une table de roulette.