Un livre blanc lancé au Pasino Club
L’Association du Paiement a présenté mi-octobre son guide de référence sur les stablecoins. La soirée se tenait au Partouche Pasino Club, à Paris, avec la fintech Lyzi comme sponsor.
Le guide range « les jeux en ligne, les paris en ligne » parmi les usages où les stablecoins sont « une façon naturelle de régler un achat ». Le choix du lieu ne devait (presque) rien au hasard, puisque cinq jours plus tard, Partouche officialisait le paiement en crypto dans ses casinos.

Une caisse sans plafond carte
Maurice Schulmann a détaillé le dispositif dans un post LinkedIn. Il dirige la transformation, la technologie, la data et l’IA du groupe. Dans « la quarantaine de Casinos Partouche de France », les joueurs peuvent convertir leurs cryptos en euros pour acheter des jetons.
Le portefeuille peut être hébergé par une plateforme ou détenu en propre. La conversion passe par Lyzi, déjà partenaire de JOA depuis décembre 2024. C’est transparent pour le casino, qui ne voit passer que des euros.
Le dirigeant met en avant un dépôt « sans délai bancaire ni plafond carte », présenté comme un atout pour la clientèle internationale. L’argument parle surtout aux gros joueurs dont une partie du patrimoine est détenue en cryptos.
Des euros difficiles à sortir par la banque
Pour ces profils, transformer des stablecoins en dépenses reste un parcours. Un virement depuis une plateforme d’échange déclenche souvent les contrôles anti-blanchiment de la banque. Faute de justificatifs, l’établissement peut mettre fin à la relation, en vertu du code monétaire et financier.
Le casino propose un autre débouché. Le stablecoin devient un moyen de paiement comme une CB, sans passer par le compte du joueur.
Selon l’étude de l’Adan publiée en avril 2025 avec Ipsos, 10% des Français déclarent détenir des crypto-actifs. Une partie de ces avoirs joue déjà, mais en ligne et hors du marché régulé. Partouche a visé juste.
Selon TRM Labs, les jeux d’argent on-chain ont brassé 51 milliards de dollars en 2025. Les stablecoins en représentent environ 70% depuis 2022, l’USDT de Tether en tête.

Sur un casino illégal, n’importe qui joue « depuis son canapé parisien », écrivait Maurice Schulmann à propos des machines à sous interdites à Paris. Le paiement crypto en salle doit ramener une part de ce flux vers les tables autorisées. (A lire aussi : l’angle mort du paiement dans la régulation.)
Ouverture conditionnelle et conditionnée
Délégataire de service public, le groupe voulait un partenaire qui ne travaille « qu’avec des PSCA agréés ». Ses obligations anti-blanchiment devaient être « alignées sur celles qu’un casino connaît déjà ».
Le cadre MiCA rend ce montage possible : un prestataire crypto sans agrément MiCA ne peut pas exercer en France. Le règlement européen impose en outre d’identifier l’expéditeur et le destinataire de chaque transfert.
Comme un cheveu sur la soupe, le livre blanc rappelle que l’USDT n’est pas conforme à MiCA, alors qu’il domine le secteur en ligne. Le post ne précise pas quels stablecoins Lyzi convertit aux caisses de Partouche.
Pour Partouche, le paiement crypto sert d’abord à recruter une clientèle à la fois filtrée par les banques et courtisée par les acteurs illégaux. Une vraie prouesse d’équilibriste.
