Le top 100 de l’ANJ est publié sur data.gouv.fr dans le cadre de la démarche open data du régulateur. Il recense les 100 rencontres sportives ayant généré le plus de mises en ligne. On y trouve 99 matchs de football et une seule rencontre de tennis. Les chiffres n’intègrent pas les annulations de paris postérieures aux événements, précise l’ANJ.
Top 100 ANJ : une demi-finale perdue devant toutes les finales
France-Espagne, demi-finale du Mondial disputée le 14 juillet 2026 et perdue 0-2 par les Bleus, prend la tête du top 100. C’est le match le plus parié de l’histoire du marché français en ligne. 65,5 millions d’euros de mises, 4,76 millions de paris, 1,67 million de comptes joueurs actifs sur une seule rencontre.

Le podium raconte une évidence commerciale : le marché français parie sur ses équipes, pas sur le football. La finale Espagne-Argentine du 19 juillet 2026, pourtant l’affiche suprême de la compétition, plafonne à 40,6 millions d’euros, au 5e rang. Soit 25 millions de moins que la demi-finale des Bleus. Argentine-France, la finale de 2022 au Qatar, conserve la 3e place avec 54,1 millions d’euros.
Entre les deux s’intercale PSG-Arsenal, la finale de Ligue des champions du 30 mai 2026 à Budapest, remportée par Paris aux tirs au but. Avec 62,7 millions d’euros de mises, le club parisien signe le record absolu pour un match de clubs. Sa finale de 2025 contre l’Inter Milan pointe au 6e rang avec 39,6 millions.
2026, l’année qui écrase le top 100
42 des 100 rencontres du classement se sont jouées en 2026, dont 37 matchs de la Coupe du monde. À elle seule, l’année en cours pèse plus de 1 milliard d’euros de mises sur les 2,14 milliards cumulés du top 100.
Deux lectures possibles. Soit le Mondial nord-américain a déclenché un engouement exceptionnel, soit le classement mesure d’abord l’inflation structurelle du marché. La vérité combine les deux : chaque grande compétition repousse les records de la précédente, mécaniquement, parce que la base de parieurs grossit. Le top 100 fonctionne moins comme un panthéon que comme un thermomètre de croissance, où les matchs anciens sont voués à sortir par le bas. Il ne reste d’ailleurs que 2 rencontres de 2018, dont la finale France-Croatie, désormais 7e.

Des tickets toujours plus petits, des parieurs toujours plus nombreux
La comparaison entre les deux époques est particulièrement parlante. Sur France-Croatie, finale du 15 juillet 2018, la mise moyenne atteignait 22,2 euros par pari, pour 624 000 comptes actifs. Sur France-Maroc, quart de finale du 9 juillet 2026, elle tombe à 8,7 euros, pour 1,64 million de comptes. Le nombre de parieurs a été multiplié par 2,6, le ticket moyen divisé par 2,5.
France-Maroc détient d’ailleurs le record du nombre de paris, 5,59 millions. Suit France-Sénégal (5,02 millions), match d’ouverture des Bleus le 16 juin 2026. Le volume se fait par l’accumulation de petites mises, signature d’un recrutement massif de parieurs occasionnels pendant la compétition. Un profil que l’ANJ documente à chaque grand événement, et qui alimente ses campagnes de prévention.
Le live pèse en moyenne 23,4 % des montants misés sur l’ensemble du classement. La part grimpe au-delà de 40 % sur certains matchs de poules du Mondial 2026, comme Belgique-Sénégal ou Espagne-Cap-Vert.
Le Paris Saint-Germain, produit d’appel domestique, la Ligue 1 quasi absente
22 matchs du PSG figurent dans le top 100, contre 24 pour l’équipe de France. Le paradoxe : le Championnat de France ne place que 2 rencontres, deux Classiques Marseille-PSG (21 septembre 2025 et 31 mars 2024). Les deux pointent autour de la 90e place, avec 14 millions d’euros chacun. Le parieur français mise sur Paris quand Paris joue l’Europe, pas sur son championnat, ce qui en dit long sur la visibilité de la Ligue 1.
La Ligue des Champions place 25 matchs au total. L’Euro en compte 17, répartis entre les éditions 2021 et 2024, et la Coupe du monde 51 sur trois éditions.
Le tennis réduit à un seul match, mais quel match !
Une seule rencontre hors football survit dans le classement : Sinner-Alcaraz, finale de Roland-Garros du 8 juin 2025, 76e avec 15,2 millions d’euros. Avec une particularité qui la distingue de tout le reste du classement : 55,1 % des montants ont été misés en live, la part la plus élevée du top 100. Le point par point de 5 heures 29 se prête à la surenchère en direct comme aucun match de football.
Le seuil d’entrée du top 100 s’établit désormais à 13,8 millions d’euros. Autant dire que la prochaine mise à jour, après le Mondial 2030, devrait à nouveau tout balayer.
