La Société des Bains de Mer (SBM) clôt son exercice 2025/2026 sur ses meilleurs résultats de toute son histoire. Le groupe monégasque, qui opère le Casino de Monte-Carlo et un ensemble hôtelier et locatif premium en Principauté, affiche un chiffre d’affaires consolidé de 861,6 millions d’euros, en progression de 12 % par rapport à l’exercice précédent (768 M€). Le résultat opérationnel bondit de 16 % à 86,6 millions d’euros, et le résultat net ressort à 112,9 millions d’euros, contre 110,1 millions un an plus tôt. Des indicateurs qui dessinent un groupe en pleine forme, sur une trajectoire de croissance maîtrisée.
Le jeu, moteur de la surperformance
C’est le secteur jeux qui tire le plus nettement vers le haut les résultats de la société monégasque. Avec un chiffre d’affaires de 259,6 millions d’euros, il progresse de 20 % sur l’exercice. Une performance qualifiée d’«exceptionnelle» par son Président-Délégué, Stéphane Valeri. Deux facteurs l’expliquent : une hausse des volumes de jeu sur les machines à sous d’un côté, et un aléa particulièrement favorable sur les jeux de table de l’autre.
Ce dernier point est structurellement déterminant dans l’économie d’un casino : une run favorable sur les jeux à fort enjeu peut faire basculer le compte de résultat, surtout avec une clientèle « high-stakes ». La progression du résultat opérationnel du secteur est de +13,8 millions d’euros, soit la contribution sectorielle la plus élevée de l’exercice.
La Société des Bains de Mer prend soin de noter que ces résultats ont été obtenus «malgré l’application rigoureuse des règles en matière de compliance». Une façon de souligner la solidité de la performance sur fond de contraintes réglementaires renforcées.
L’hôtellerie tient sa course de fond
Si le casino tire la croissance, avec 443,1 millions d’euros de recettes hôtelières (+11 %), le pôle hébergement-restauration reste le premier contributeur au chiffre d’affaires du groupe. La croissance de l’hébergement (+8 %) est portée par la montée en gamme tarifaire plutôt que par le volume : les rénovations de l’Hôtel Hermitage et du Monte-Carlo Bay Hotel & Resort ont ainsi permis de tirer les prix moyens vers le haut.
La restauration bénéficie quant à elle de l’ouverture du salon de thé Cédric Grolet et de la première année pleine d’exploitation du restaurant Marlow, deux adresses positionnées sur le créneau premium qui drainent une clientèle à forte dépense.
L’immobilier locatif, valeur refuge
Le troisième pilier du modèle, les activités locatives, affiche 156,5 millions d’euros de revenus (+4 %), avec un taux d’occupation du parc résidentiel «proche de 100 %». La progression intègre les indexations contractuelles des loyers, un mécanisme de protection automatique des revenus dans un contexte inflationniste. Ce segment, moins spectaculaire que les deux autres, apporte au groupe une récurrence de cash-flows que peu d’opérateurs de jeux en Europe peuvent revendiquer.
Un bilan solide malgré l’intensité des investissements
La capacité d’autofinancement atteint 185 millions d’euros (+24,5 M€ vs N-1), ce qui permet au groupe d’absorber un programme d’investissements de 176,8 millions d’euros sur l’exercice sans détériorer sa structure financière. Les travaux portent principalement sur la rénovation des chambres de l’Hôtel Hermitage et du Monte-Carlo Bay, ainsi que sur le projet Monte-Carlo One à Courchevel. La trésorerie nette reste positive à 158,8 millions d’euros, en léger recul par rapport aux 186,3 millions de mars 2025, conséquence logique de l’intensité capex, non d’une fragilité bilancielle.
Le résultat financier recule à 26,3 M€ (contre 35,6 M€), pénalisé par la baisse des taux d’intérêt en zone euro qui érode la rentabilité des placements de trésorerie court terme. Un effet mécanique, non opérationnel.

Des perspectives prudemment optimistes
La SBM indique que l’activité des deux premiers mois de l’exercice 2026/2027 s’inscrit «dans la continuité» de l’exercice écoulé. L’activité casino cherche à garder une dynamique positive en mettant notamment en place des opérations spéciales comme le lancement des nouvelles machines de la franchise Monopoly.
Le groupe se garde toutefois de tout objectif chiffré pour l’ensemble de l’année, en raison de la «nature aléatoire» inhérente à l’activité jeux sur courte période. Une prudence comptable classique dans le secteur, et un rappel que les 20 % de hausse enregistrés cette année intègrent une part de chance difficilement reproductible à l’identique.
Pour Stéphane Valeri, Président-Délégué de la SBM, le message est sans ambiguïté : « L’exercice 2025/2026 établit un nouveau record historique pour le Groupe S.B.M., dans tous les secteurs d’activité et confirme la pertinence de notre stratégie, axée notamment sur la performance opérationnelle, l’amélioration et le développement de notre offre, ainsi que l’attractivité globale du Resort. »
Une conviction que le dirigeant entend traduire en actes, avec sur l’agenda 2026 l’ouverture de plusieurs nouveaux espaces, le bar Gustave à l’Hôtel Hermitage, le restaurant La Vigie Zanoni Monte-Carlo, et la réouverture de La Rascasse rénovée.
