Pierre Charron capte près de 30% du PBJ semestriel des clubs de jeux parisiens
Le rapport de force semestriel est clair. Sur l’exercice 2025-2026 en cours, le PBJ cumulé des sept clubs de jeux parisiens atteint 62,4 millions d’euros à fin avril. Le Club Pierre Charron, indépendant des Champs-Élysées, totalise à lui seul 18,6 millions d’euros, soit près de 30% du marché.
La position de leader n’est pas une nouveauté de l’exercice. Pierre Charron occupe la première place du marché parisien depuis trois saisons consécutives. Sa part s’est installée progressivement : elle pesait 20,6% en 2021-2022, 24,8% en 2023-2024, et passe la barre des 30% sur la photo actuelle. Le club poursuit une dynamique installée, avec un PBJ extrapolé à 37 millions d’euros sur l’exercice complet.
Le Club Barrière garde son rang de dauphin avec 13,3 millions d’euros sur six mois et 21,3% du marché. À eux seuls, les deux premiers concentrent 51% du PBJ semestriel. Sous ce duo, quatre établissements forment un peloton resserré : l’Imperial Club du groupe Raineau (13,5%), le Club Circus (12,6%), le Paris Elysées Club du groupe Tranchant (11,2%) et le Club Montmartre (10,1%) se tiennent dans une fourchette de 3,4 points. Cette configuration, avec un leader détaché, un dauphin solide, un peloton compact et une queue marginale, restera la dernière photo du marché tel qu’il existe depuis le lancement de l’expérimentation en 2018.
Clubs de jeux parisiens · 6 mois cumulés
| Club | PBJ cumulé | Part de marché | Répartition |
|---|---|---|---|
| Club Pierre Charron | 18,6 M€ | 30 % |
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| Club Barrière Paris | 13,3 M€ | 21 % |
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| Imperial Club Paris | 8,4 M€ | 14 % |
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| Club Circus Paris | 7,9 M€ | 13 % |
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| Paris Élysées Club | 7,0 M€ | 11 % |
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| Club Montmartre | 6,3 M€ | 10 % |
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| Club Berri | 0,9 M€ | 1 % |
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| Total secteur | 62,4 M€ | 100 % |
Une nouvelle phase qui commence le 12 mai
Tout va bouger à partir du 12 mai. À cette date, le groupe Partouche transforme sa propre licence parisienne. Le Partouche Casino Club ouvre en lieu et place du Punto Club, dont le groupe casinotier était déjà le titulaire et qui occupait jusqu’ici la dernière place du marché avec 0,9 million d’euros sur six mois. Sur la grille des sept établissements autorisés, le siège ne change pas de propriétaire : il change de calibre.
Les dimensions parlent d’elles-mêmes. Le casinotier français exploite 41 établissements en métropole et a réalisé 533 millions d’euros de PBJ casinos sur son exercice 2024-2025. Pendant que le Punto Club restait dans la catégorie des petits formats, avec environ 2 millions d’euros de PBJ annuel installé, le Casino Club Paris arrive avec une infrastructure XXL, une marque installée, une capacité d’accueil supérieure et un calendrier événementiel ambitieux.

À hauteur des investissements réalisés, le Partouche Casino Club doit devenir le leader d’un marché qui devra, en parallèle, s’accroître fortement pour permettre à tous les opérateurs de survivre. L’équation est simple, mais si elle n’est pas résolue rapidement, le secteur peut se retrouver face à un accident industriel, avec plusieurs clubs en grande difficulté économique.
L’autre élément structurant arrive en parallèle. La perspective d’une autorisation de la roulette dans les clubs de jeux parisiens, évoquée à plusieurs reprises dans les échanges entre opérateurs et autorités, devrait dynamiser le marché de manière significative dès qu’elle entrera en vigueur. Mais pour éviter un effondrement du peloton intermédiaire, encore faut-il que cette ouverture arrive vite. Le jeu phare des casinos traditionnels reste interdit dans les clubs depuis le lancement de l’expérimentation en 2018, alors qu’il représente une part centrale du PBJ dans les casinos en dur français. Son introduction élargirait mécaniquement le ticket moyen, attirerait une nouvelle clientèle, et accroîtrait substantiellement le volume global du marché parisien.
Le marché actuel, à 125 millions d’euros annuels, ne pourra pas absorber un acteur XXL sans casse. Sans une croissance d’au moins 25% dès la saison prochaine, certains opérateurs ne tiendront pas.
Un Expert du secteur
Les clubs de jeux parisiens sont-ils prêts pour une nouvelle dimension ?
Depuis 2018, l’expérimentation a tourné en circuit fermé : 7 licences, un marché calibré. Le 12 mai, Partouche change l’échelle, et personne ne sait vraiment ce que ça va donner. Une infrastructure XXL, une capacité d’accueil sans commune mesure avec ce que le marché a connu jusqu’ici, un calendrier événementiel ambitieux : le Partouche Casino Club n’arrive pas en challenger, il arrive en prédateur.
Mais ramener une structure de cette taille à l’équilibre opérationnel, dans un marché encore contraint, reste un pari audacieux. La photographie semestrielle que nous publions aujourd’hui ressemble fort à la dernière de l’ancien monde.