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Betclic trace sa route vers le Top 5 mondial

Avec l'intégration de Tipico au sein de Banijay Gaming, Betclic change de dimension. Le rachat du leader allemand marque une inflexion stratégique : atteindre une taille critique suffisante pour rester dans la course mondiale. Derrière l'objectif affiché du Top 5 d'ici 2030, c'est toute une lecture du futur du gambling en ligne qui se dessine.

Top 5
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Une ambition mondiale désormais assumée

Betclic ne se contente plus d’un leadership hexagonal. Dans un entretien accordé aux Échos fin janvier, Nicolas Beraud, fondateur de Betclic et désormais président de Banijay Gaming, assume une trajectoire claire : viser le Top 5 mondial des opérateurs de jeux en ligne d’ici 2030.

Cette déclaration intervient au moment où la nouvelle entitée vient d’intégrer Tipico et Admiral, leaders des paris sportifs en Allemagne et en Autriche. Un changement d’échelle qui repositionne Betclic dans la hiérarchie européenne et qui pose une question de fond : dans un secteur en consolidation accélérée, peut-on encore rester régional ?

Un rachat structurant à 3 milliards d’euros

Le financement de l’opération Tipico, estimé à 3 milliards d’euros, constitue un signal fort. Dans un contexte macroéconomique moins favorable au risque, cette levée valide la solidité du modèle aux yeux des investisseurs. Mais elle dit aussi autre chose : la fenêtre de consolidation commence à se refermer, et ceux qui ne bougent pas maintenant risquent de ne plus pouvoir le faire demain.

L’acquisition apporte deux actifs clés. D’abord, une base robuste dans la zone DACH (Allemagne, Autriche, Suisse, ndlr), l’un des marchés les plus importants et les plus exigeants  d’Europe. Ensuite, un levier de consolidation dans une industrie où la création de valeur passe de plus en plus par la combinaison taille, technologie et conformité réglementaire.

Synergies Betclic-Tipico : une logique de temps long

La question des synergies entre les deux marques s’impose naturellement. Faut-il déployer Tipico en France ou, à l’inverse, Betclic en Allemagne et en Autriche ? Nicolas Beraud ne ferme aucune porte, mais temporise. Et pour cause : dans des marchés régulés, chaque lancement implique des enjeux lourds en matière de technologie, de paiements, de KYC et de conformité.

La priorité n’est pas l’expansion rapide, mais l’exécution maîtrisée. Les synergies existent, mais elles ne produiront de la valeur que si elles sont activées au bon moment  et avec les bons moyens. Une posture réaliste, qui contraste avec l’optimisme parfois forcé des opérations de ce type.

2030 comme horizon de consolidation globale

L’Europe n’est qu’une étape. L’Afrique, où Betclic est déjà présent en Côte d’Ivoire, et l’Amérique latine sont clairement identifiées comme des zones de développement potentielles. Des régions où les stratégies doivent être adaptées, entre croissance organique, acquisitions ciblées et partenariats locaux et où les erreurs se paient cash.

Le message est clair : Banijay Gaming entend rester du côté des consolidateurs. Dans un secteur où la pression réglementaire et les coûts fixes augmentent, la taille critique devient une condition de survie plutôt qu’un simple avantage compétitif. Ceux qui ne franchissent pas ce seuil ne disparaîtront pas demain  mais ils deviendront des cibles.

L'expansion internationale est au coeur des ambitions de Banijay Gaming avec notamment l'Amérique Latine mais aussi l'Afrique où Betclic opère déjà.
L’expansion internationale est au coeur des ambitions de Banijay Gaming avec notamment l’Amérique Latine mais aussi l’Afrique où Betclic opère déjà.

Une histoire faite d’expansion et de recentrage

Cette phase n’est pas inédite pour Betclic. Après une première période de forte croissance internationale, l’entreprise a connu un recentrage stratégique brutal. Lorsque Nicolas Béraud reprend les commandes en 2017, le diagnostic est sans détour : expérience utilisateur dégradée, problèmes techniques récurrents, retard sur le mobile.

La réponse est radicale : passage d’une vingtaine de pays à seulement quatre marchés clés. Un choix contre-intuitif  et risqué, mais structurant, qui a permis de reconstruire un socle produit solide. Sept ans plus tard, ce recentrage apparaît comme une condition nécessaire à la capacité actuelle du groupe à intégrer Tipico sans exploser en vol.

Des indicateurs 2025 qui changent la donne

Aujourd’hui, les chiffres traduisent un véritable changement d’ordre de grandeur. Betclic revendique 5,4 millions de joueurs en 2025, en hausse de 16 % sur un an, et un EBITDA estimé à 400 millions d’euros.

Ces niveaux offrent une double capacité : financer l’innovation dans un environnement technologique exigeant, et mener une stratégie de croissance externe ciblée dans un marché appelé à se consolider rapidement. Reste à voir si cette trajectoire sera linéaire ou si d’autres acquisitions viendront accélérer le mouvement.

Le casino en ligne, un débat relancé par l’illégal

L’entretien aborde aussi la question sensible du casino en ligne en France. En tant que président réélu de l’AFJEL, Nicolas Beraud met en avant l’existence de plusieurs millions de joueurs français exposés à des sites illégaux, sans protection réglementaire ni fiscale.

Il plaide pour une légalisation encadrée, présentée comme bénéfique à la fois pour l’État et pour les joueurs. Un débat récurrent, systématiquement freiné par des enjeux de santé publique et l’opposition des casinos terrestres. Mais aussi par une réalité politique : ouvrir le casino en ligne reste un sujet que personne ne veut porter.

Le produit comme dernier levier de différenciation

Sur le terrain du produit, le discours se veut lucide. Innover sur le cœur du jeu reste difficile, car fortement contraint par le régulateur. Tous les opérateurs proposent peu ou prou les mêmes cotes, les mêmes marchés, les mêmes bonus encadrés.

La différenciation se joue donc ailleurs : expérience utilisateur, fluidité d’animation, maîtrise technologique interne. À l’approche de grands événements sportifs comme la Coupe du Monde ou les Jeux Olympiques, c’est la qualité d’exécution mobile qui fait la différence  et accessoirement, qui évite les plantages en prime time qui coûtent des millions.

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