Le 105e Prix d’Amérique restera comme une édition à part. Pour la première fois, la Société d’Encouragement à l’Élevage du Trotteur Français avait fait le choix de transformer son événement phare en véritable festival, étalé sur trois jours. L’objectif était clair : attirer un public plus large, créer de l’expérience, faire de Vincennes un lieu de sortie autant qu’un temple du trot.
Sur le papier, l’idée tenait la route. Dans les faits, le public a répondu présent. Malgré une entrée fixée à 30 euros le dimanche, l’hippodrome affichait complet ou presque. Environ 35 000 personnes étaient présentes le jour J, et 55 000 sur l’ensemble du week-end. Une affluence qui confirme que le Prix d’Amérique reste une marque puissante, capable de mobiliser bien au-delà des seuls turfistes.
Le programme d’avant-course devait participer à cette montée en gamme. Un concert de GIMS était prévu pour installer une ambiance de grand show. Malheureusement, des problèmes techniques ont écourté la prestation à une vingtaine de minutes. Le public a rapidement basculé vers le traditionnel défilé des 18 partants, rappelant que, malgré le vernis événementiel, le cœur du rendez-vous reste la course.

Sportivement, le spectacle a été au rendez-vous. Devant des tribunes pleines, Hokkaido Jiel s’est imposé dans ce Prix d’Amérique Legend Race souvent présenté comme la Coupe du monde du trot. Un scénario idéal pour les organisateurs, avec un vainqueur surprise et une atmosphère digne des grandes éditions.
Côté paris, en revanche, le tableau est plus contrasté. Selon Paris-Turf, les enjeux enregistrés le dimanche sont en baisse de 4,3 % par rapport à 2025. Au total, 26,7 millions d’euros ont été joués auprès du PMU sur la journée. Sur le seul territoire français, la baisse atteint 3,4 %, avec 22,9 millions d’euros d’enjeux.
Même la course reine n’a pas échappé à la tendance. Le Prix d’Amérique affiche 16,8 millions d’euros d’enjeux, soit un recul de 5,4 % sur un an. Un chiffre symbolique, tant cette épreuve est historiquement un moteur pour l’opérateur hippique.
Après un Prix de Cornulier déjà orienté à la baisse, ce début d’année confirme une dynamique prudente pour le PMU. Le constat est désormais connu sur le terrain : remplir les tribunes ne suffit plus mécaniquement à remplir les caisses. Le public est là, l’événement séduit, mais la conversion en paris reste fragile. Un décalage que même le plus grand rendez-vous du trot français peine encore à combler.