Il y a encore quelques années, Sorare était surtout perçu comme une curiosité Web3. Un projet français ambitieux, mêlant NFT et fantasy sport, mais encore difficile à classer.
Aujourd’hui, le regard a changé. Sorare est devenu un cas d’école. Avec plus de 6 millions de comptes créés et environ 200 000 utilisateurs actifs chaque mois, la plateforme a atteint une taille critique. Surtout, elle incarne désormais une catégorie à part entière : celle des produits hybrides, à mi-chemin entre jeu, collection et économie numérique.
Et c’est précisément cette hybridation que le cadre JONUM vient, pour la première fois, reconnaître officiellement et que Les Enjeux a souhaité aborder directement avec les équipes de l’opérateur.
Un modèle qui ne rentre dans aucune case
Si Sorare se retrouve au cœur de cette expérimentation, ce n’est pas un hasard. Depuis l’origine, la plateforme revendique une identité difficile à catégoriser.
Sorare est un produit à la croisée du fantasy sport, de la collection numérique et de la marketplace.
Cette phrase, simple en apparence, est en réalité structurante. Elle explique à la fois le succès du produit… et les tensions réglementaires qui l’entourent.
Contrairement à un jeu d’argent classique, Sorare ne repose pas sur une logique de mise contre un gain immédiat. L’utilisateur ne “parie” pas au sens traditionnel. Il constitue une équipe, détient des cartes, les échange, optimise ses choix en fonction des performances réelles : « Le cœur de Sorare, c’est un produit de fantasy sport et de collection. »
Mais dans le même temps, il existe une dimension économique réelle :
- des cartes qui ont une valeur
- un marché secondaire actif
- une part des utilisateurs qui adoptent une logique d’investissement
C’est précisément cette zone grise qui a longtemps posé problème. Et que le JONUM tente aujourd’hui de structurer.




























