Depuis des années, le secteur des jeux d’argent dénonce un deux poids, deux mesures insupportables. D’un côté, les opérateurs légaux comme Barrière, soumis à une régulation de fer, des contrôles permanents et une publicité ultra-encadrée. De l’autre, un Far West numérique où des comptes anonymes diffusent massivement des publicités pour des casinos illégaux, utilisant sans vergogne les logos et l’image de marques historiques.
Une machine à cash alimentée par la publicité frauduleuse
Fin 2023, le Groupe Barrière ne fait pas face à une simple erreur technique, mais à une véritable offensive industrielle. Les chiffres donnent le tournis : plus de 2 400 publicités pirates sont injectées sur Facebook et Instagram. La méthode est d’un cynisme total : les fraudeurs utilisent les photos des façades des casinos de Deauville ou d’Enghien-les-Bains pour rassurer les joueurs et les piéger vers des plateformes clandestines.
Face à cette invasion, Meta a longtemps joué la montre, s’abritant derrière le bouclier juridique de l’hébergeur passif :
Nous ne sommes qu’un tuyau, nous ne sommes pas responsables de ce que nos utilisateurs publient.
Mais ce que l’arrêt de la Cour d’appel met en lumière, c’est l’hypocrisie du système. Car pendant que ses algorithmes laissaient passer ces milliers d’annonces frauduleuses, Meta, elle, ne manquait pas d’encaisser les budgets publicitaires de ces sites pirates. D’un côté, la plateforme plaide l’impuissance ; de l’autre, elle encaisse les dividendes de l’illégal. C’est précisément ce double jeu que la justice a décidé de sanctionner. Et elle n’a pas fait dans la demi-mesure : en imposant un filtrage strict et dynamique, elle rappelle à Meta que si elle est capable de facturer ses clients, elle doit être capable de les identifier.