Lancée fin 2024, la start-up française YESorNO bouscule les codes du pari sportif en misant sur une expérience ludique, sociale et communautaire. Neuf mois après sa première version, la jeune pousse revient avec une V2 pensée comme une app de gaming. Rencontre avec Gilles Feingold, son fondateur, pour comprendre cette nouvelle approche.
YESorNO est l’un des derniers arrivés sur le marché français des paris sportifs. Comment vous démarquez-vous de la concurrence ?
Nous sommes effectivement une application de paris sportifs, mais notre positionnement est tout autre. Nous voulons être perçus comme une offre de gaming, et cela se ressent dès l’onboarding des joueurs. Leur parcours est rythmé de mini-jeux, de petits freebets à gagner, tout en gardant comme finalité, le pari sportif.
Une des originalités de notre produit, c’est la co-construction. Nos joueurs participent à la création de l’offre : ils peuvent désormais initier eux-mêmes un pari sur le match de leur choix.
C’est cette dimension communautaire qui définit YESorNO, en plus d’être la seule offre de paris sportifs mutuels en France, ce qui signifie que les joueurs jouent les uns contre les autres, et pas contre nous.
Pourquoi ce virage vers le gaming ?
Parce que nous voulons démocratiser le pari, le rendre plus fun et accessible à tous. Bien sûr, le support reste le pari sportif, mais notre ambition est d’en faire un jeu du quotidien. Concrètement, cela passe notamment par des paris plus originaux qu’ailleurs, et un capping des mises : impossible de miser plus de 20 euros par pari, ni plus de 500 euros par semaine. C’est infiniment moins que chez nos concurrents.
Nous voulons que les joueurs viennent sur YESorNO pour le jeu d’abord, pour le gain ensuite. Le moteur, c’est l’expérience, pas la rentabilité à tout prix. Nous concernant, elle arrivera très vite avec le volume de joueurs.

Comment cette approche se traduit-elle concrètement ?
Nous voulons être perçus comme une plateforme de jeu fun et sociale. Nous avons donc imaginé des formats de jeu comme le Battle Royale, lancé en marge d’événements sportifs. Le principe est simple : les joueurs misent une seule fois au départ, puis doivent franchir des étapes successives. Ceux qui arrivent au bout se partagent le “Petit Cochon”, notre prize pool. C’est ludique, collectif et parfois rémunérateur.
Outre le pari mutuel, YESorNO a aussi une particularité technologique…
Oui, notre architecture repose sur la blockchain. Cela nous permet d'être prêts pour l’avenir et tout de suite, d’accepter les dépôts en cryptomonnaie, même si la législation française interdit de jouer directement avec. Les dépôts sont donc convertis.
L’idée est de préparer le futur tout en restant dans le cadre légal.
Quels enseignements tirez-vous des premiers mois d’activité ?
Nous avons ouvert officiellement en février. Et très vite, nous avons compris que notre premier modèle pouvait être amélioré. Sur la profondeur de l’offre et pour répondre plus précisément aux attentes d’une nouvelle catégorie de joueurs : les joueurs qui sont sensibles à une valeur de responsabilité. Nous avons alors décidé de nous recentrer sur notre vrai cœur de cible : le joueur récréatif.
Depuis la sortie de la V2, les résultats sont très bons. Les joueurs passent plus de temps sur l’application, la rétention a été multipliée par 4 et les retours en général sont excellents.
On sent que nous avons trouvé notre voie et peut-être “hacker" le marché.
Les Enjeux : Le pari mutuel suppose une masse critique de joueurs. Comment comptez-vous la constituer ?
Nous sommes en phase de levée de fonds pour pouvoir accélérer la communication. Cela nous permettra de toucher plusieurs dizaines de milliers de joueurs et ainsi, de prendre position dans le marché.
Mais nous ne visons pas les chasseurs de grosses cotes. Nous nous adressons à ceux qui veulent vivre une expérience communautaire, échanger, créer des ligues de pari, s’amuser ensemble.

Quelle a été la plus grande difficulté depuis la création de YESorNO ?
Sans hésiter, l’obtention de notre agrément. En tant que start-up, il nous a fallu près de trois ans pour convaincre l’ANJ.
Nous n’avons pas le poids d’un groupe comme Barrière ou FDJ, donc il a fallu prouver notre sérieux, notre solidité et notre conformité. Ce que nous avons réussi grâce à une équipe soudée et à des conseillers expérimentés, dont un ancien dirigeant du PMU.
La prochaine Coupe du Monde représente-t-elle un enjeu particulier ?
C’est un accélérateur, pas un objectif en soi. Nous ne cherchons pas à rivaliser avec les géants, mais notre force, c’est la continuité. Avec nos formats de jeu comme le Battle Royale, nous voulons que le joueur revienne chaque jour, pas seulement pour un grand événement.
Pour finir cet entretien, si vous pouviez ajouter une question à cet entretien, quelle serait-elle ?
La question serait : est-il possible que le jeu d’argent redevienne un jeu ? La réponse est évidemment oui mais elle suppose de respecter les joueurs.
Pour l’opérateur, cela se traduit par une appropriation des règles du jeu responsable tout en proposant des expériences différenciantes et communautaires susceptibles de fédérer de nombreux joueurs.
La rentabilité du modèle se fera naturellement sans avoir besoin d’aller essorer les joueurs et créer de l’addiction.
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