Le nouveau casino de Cabourg a ouvert ses portes le mardi 28 avril au matin, comme prévu. L’aboutissement de deux ans de travaux et d’un projet structurant pour la station balnéaire normande.
Soixante-quinze machines en une nuit
Le défi logistique était au cœur du calendrier. Stéphane Gilquin, directeur de l’établissement, avait posé un principe non négociable : pas de fermeture. Le casino fonctionne sept jours sur sept, et il n’était pas question de déroger à la règle pour un déménagement.
L’opération s’est déroulée dans la nuit du 27 au 28 avril. Soixante-quinze machines à sous, pesant chacune environ 150 kg, ont été transférées par camion de l’ancien casino du front de mer vers le nouveau bâtiment situé à l’entrée de la ville, à proximité du centre aqualudique Aqua Diva. Trente-cinq allers-retours. Une cinquantaine de personnes mobilisées : déménageurs pour la manutention, techniciens Partouche pour le débranchement, le transport sécurisé et la remise en service.
En France, chaque manipulation de machine à sous est soumise à un cadre de traçabilité strict, sous le contrôle du ministère de l’Intérieur. Compteurs vérifiés, scellés contrôlés, documentation complète : l’opération ne se résume pas à un simple déplacement de matériel. C’est un exercice réglementaire autant que logistique.
Le maire Emmanuel Porcq a confirmé dans la matinée du 28 avril que le transfert s’était déroulé sans incident. Les premiers joueurs ont pu entrer dès 10 heures.
Un outil calibré pour la rentabilité
Le nouvel équipement représente un saut de dimension. L’offre passe à 100 machines à sous, 24 postes de roulette électronique, 7 postes de blackjack électronique, 6 tables de jeux traditionnels et l’arrivée de l’Ultimate Poker. Vingt-cinq machines sont des acquisitions neuves, le mobilier a été intégralement remplacé, et l’espace dédié aux jeux couvre environ 1 000 m² sur une surface totale de 2 700 m².
L’architecture du bâtiment, une forme arrondie que les locaux comparent à une soucoupe volante ou à un jeton de casino, tranche avec le charme Belle Époque de l’ancien site. Mais les priorités sont ailleurs. Le parking gratuit de 150 places règle un problème chronique d’accessibilité. Les prix ont été revus à la baisse, libérés de l’alignement sur les commerces du centre-ville. Le directeur a aussi investi dans des tables plus basses, adaptées aux personnes à mobilité réduite.
Stéphane Gilquin assume un repositionnement. Le casino historique attirait parfois plus de 200 000 visiteurs par an, mais une partie significative de cette fréquentation ne jouait pas. Le nouvel emplacement, en retrait du bord de mer, filtre naturellement le public. Moins de passage, davantage de joueurs actifs. C’est le pari.
Un partenariat public-privé
Le chantier, lancé en février 2024, a été financé par la commune de Cabourg à hauteur de 10 millions d’euros. Le remboursement repose sur les redevances versées par le groupe Partouche, qui a vu sa contribution passer de 150 000 euros à près de 650 000 euros par an ces dernières années. La délégation de service public, renouvelée en 2022, court jusqu’en 2034, avec une réévaluation de l’autorisation de jeux tous les cinq ans.
Le dernier exercice du casino affichait un produit brut des jeux en hausse de 5,8 %, au-delà de 7,5 millions d’euros. Le nouvel outil doit amplifier cette trajectoire.
Le théâtre à l’italienne en héritage
L’ancien casino, construit en 1907 et classé Monument historique, ne sera pas détruit. La municipalité prévoit de restituer au bâtiment sa vocation d’origine : un lieu de spectacle et de culture, avec le retour du théâtre à l’italienne. Le maire a aussi évoqué l’accueil de séminaires professionnels, un besoin que Cabourg ne pouvait pas couvrir jusqu’ici faute de salle de grande capacité.
L’inauguration officielle du nouveau casino est programmée le 18 mai.
