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Casinos français : les grands chiffres de l’exercice 2024/2025

Un marché à 202 casinos, en progression maîtrisée

L’exercice comptable 2024/2025 des casinos terrestres français, qui s’étend du 1er novembre 2024 au 31 octobre 2025, s’achève sur un périmètre de 202 établissements en activité. Ce chiffre intègre la fermeture du casino de Soulac intervenue au cours de l’été, sans autre modification structurelle notable du parc.

Les données analysées dans ce dossier portent exclusivement sur le produit brut des jeux. Les activités annexes, qu’il s’agisse de la restauration, de l’hôtellerie, des spectacles ou des loisirs, ne sont pas intégrées, faute de données consolidées publiques disponibles à l’échelle nationale. Un point méthodologique important, tant ces revenus périphériques jouent un rôle croissant dans l’équilibre économique de certains établissements.

Sur le strict périmètre des jeux, le marché affiche une dynamique positive. Le PBJ cumulé atteint 2,8 milliards d’euros, en progression de 3,2 % par rapport à l’exercice précédent. Une croissance réelle, cohérente avec les tendances observées depuis la sortie de crise sanitaire, mais qui masque des trajectoires très contrastées selon la taille, la localisation et le positionnement des casinos.

Le PBJ, indicateur central mais lecture partielle

Le Produit Brut des Jeux reste l’indicateur de référence pour mesurer la performance économique du secteur. Il permet des comparaisons homogènes entre établissements et constitue la base de calcul de la fiscalité spécifique aux jeux. Pour autant, il ne reflète qu’une partie de la réalité économique des casinos.

Dans un contexte de diversification accrue de l’offre, certains établissements compensent un PBJ stable par une montée en puissance des activités non jeux, tandis que d’autres restent fortement dépendants de la performance des machines à sous et des jeux traditionnels. Cette distinction explique en partie pourquoi une croissance globale du PBJ peut coexister avec des situations financières très différentes sur le terrain.

Une croissance tirée par le haut du classement

L’analyse par strates confirme un phénomène désormais bien installé dans le paysage des casinos français : la croissance est principalement captée par le haut du classement.

Le Top 10 des casinos en PBJ enregistre une progression moyenne de 6,8 %, soit plus du double de la moyenne du marché. Cette dynamique retombe à 3,97 % pour le Top 50, puis à 3,02 % pour les 100 établissements situés en queue de classement.

Considéré comme l'un des plus grands casinos d'Europe, Enghien-les-Bains reste une année de plus très loin devant dans la hiérarchie des 202 casinos disséminés sur le territoire français. Une domination sur le PBJ mais aussi sur les entrées malgré l'entrée payante.
Considéré comme l’un des plus grands casinos d’Europe, Enghien-les-Bains reste une année de plus très loin devant dans la hiérarchie des 202 casinos disséminés sur le territoire français. Une domination sur le PBJ mais aussi sur les entrées malgré l’entrée payante.

Cette dispersion illustre une réalité structurelle. Les grands casinos disposent d’atouts déterminants : zones de chalandise larges, accessibilité, capacité d’investissement, attractivité touristique ou événementielle. À l’inverse, les établissements plus modestes restent plus exposés aux aléas locaux, à la saisonnalité et aux arbitrages budgétaires des collectivités concédantes.

Barrière ultra-dominant dans le haut du tableau

Si l’on observe le classement sous l’angle strict du PBJ, la domination du Groupe Barrière reste sans partage. Cinq de ses établissements figurent parmi les six premiers casinos de France sur l’exercice.

Le duo de tête demeure inchangé. Le casino d’Enghien-les-Bains conserve sa première place avec 173,4 millions d’euros de PBJ, porté par sa proximité immédiate avec Paris et un modèle économique atypique à l’échelle nationale. Le casino de Blotzheim confirme sa deuxième position, avec 97,5 millions d’euros, grâce à un positionnement transfrontalier unique entre la France, la Suisse et l’Allemagne.

Seul établissement extérieur au groupe Barrière dans ce Top 6, le Pasino Grand Aix-en-Provence maintient sa place sur le podium, avec un PBJ légèrement inférieur à 60 millions d’euros.

Fait notable, aucun établissement n’a quitté le Top 10 sur cet exercice. En revanche, l’écart avec la onzième place s’est sensiblement creusé. Près de 8 millions d’euros séparent désormais le Pasino Grand La Tour de Salvagny, à 48 millions d’euros de PBJ, du Casino Le Pharaon à Lyon, qui affiche 40,3 millions d’euros.

Rénovations : un impact direct sur la performance

Cet écart s’explique en grande partie par la trajectoire de certains établissements récemment rénovés ou repositionnés.

Le casino de Divonne-les-Bains enregistre une progression spectaculaire de son PBJ, à +17,71 %. La Tour de Salvagny affiche également une hausse très significative, à +15,01 %. Ces performances confirment une tendance lourde du secteur : les investissements dans les infrastructures, le parcours client et l’offre de jeux se traduisent rapidement dans les comptes.

À Divonne, cette dynamique s’accompagne d’une envolée de la fréquentation, avec près de 269 000 entrées sur l’exercice, en hausse de 41,39 % sur un an. À La Tour de Salvagny, la progression des entrées est plus modérée mais reste solide, à +13,35 %.

Fréquentation : Enghien toujours hors normes

Comme pour le PBJ, Enghien-les-Bains domine largement le classement en matière de fréquentation. L’établissement franchit la barre des 747 000 entrées sur l’exercice, un chiffre d’autant plus remarquable qu’il demeure le seul casino de France à pratiquer une entrée payante.

Il devance de peu le Pasino Grand Aix-en-Provence. Dans l’ensemble, le Top 10 des casinos en nombre d’entrées progresse de 3,24 %, contre 2,34 % pour l’ensemble du marché.

Depuis la fin de l'ère COVID, le Pasino Grand est devenu la plaque tournante du poker en France. Une brique qui apporte un éclairage sur le nombre d'entrées mais qui ne saurait expliquer à elle seule le succès d'un établissement qui mise sur l'expérience joueur.
Depuis la fin de l’ère COVID, le Pasino Grand est devenu la plaque tournante du poker en France. Une brique qui apporte un éclairage sur le nombre d’entrées mais qui ne saurait expliquer à elle seule le succès d’un établissement qui mise sur l’expérience joueur.

On observe toutefois des différences notables entre les classements PBJ et fréquentation. Blotzheim et Divonne-les-Bains sortent du Top 10 des entrées, au profit du Pasino de La Grande-Motte et du casino de Deauville. Ce dernier dépasse les 500 000 visiteurs annuels, confirmant son statut d’établissement à forte attractivité touristique.

PBJ par entrée : un indicateur de rentabilité plus fin

Le ratio PBJ par entrée apporte une lecture complémentaire, souvent plus révélatrice du modèle économique des établissements.

Blotzheim, Enghien-les-Bains et Divonne-les-Bains composent le podium des casinos les plus performants sur cet indicateur. Avec 233,55 euros de PBJ par entrée, Blotzheim devance Enghien de moins de deux euros. Divonne complète le trio avec 185,20 euros par entrée.

Derrière ce trio, plusieurs établissements affichent des ratios nettement supérieurs à la moyenne nationale, notamment Beaulieu-sur-Mer, Saint-Julien-en-Genevois, Annemasse ou encore Évian-les-Bains. Des profils souvent marqués par une clientèle plus internationale ou à pouvoir d’achat élevé.

La moyenne du marché s’établit à 79,52 euros par entrée, en léger recul de 0,30 euro par rapport à l’exercice 2023/2024. Une stabilité globale qui masque, là encore, des écarts importants entre établissements.

Groupes de casinos : hiérarchie stable, dynamiques contrastées

Au niveau des opérateurs, la hiérarchie reste globalement inchangée, avec des dynamiques internes contrastées.

Le Groupe Barrière conserve sa première place, avec 848 millions d’euros de PBJ sur l’exercice, en progression de 3,87 %. La fréquentation de ses 26 casinos progresse de 2,71 %, pour dépasser 8 millions d’entrées.

En deuxième position, le Groupe Partouche génère 685 millions d’euros de PBJ, en hausse de 3,23 %. Fait notable, ses 40 établissements cumulent légèrement plus d’entrées que Barrière, une situation inverse à celle observée sur l’exercice précédent.

Le podium est complété par le Groupe JOA. Ses 33 casinos totalisent 375 millions d’euros de PBJ, en progression de 2,87 %. La fréquentation reste stable, à un niveau supérieur à 4,5 millions d’entrées.

Les plus fortes progressions : l’effet investissement à plein régime

L’analyse des plus fortes progressions en pourcentage met en lumière l’impact immédiat des stratégies d’investissement.

Le casino d’Hendaye arrive en tête avec une croissance de +24,11 %, franchissant pour la première fois la barre des 3 millions d’euros de PBJ. Cette performance est notamment portée par une politique offensive autour du poker.

Repris en 2021 par Benjamin Frischer, le casino d'Hendaye connait un très bel exercice 2024/25. Une réussite pour son propriétaire qui a investi dans son casino pour y proposer l'offre qu'il aimerait, lui-même, retrouver ailleurs.
Repris en 2021 par Benjamin Frischer, le casino d’Hendaye connait un très bel exercice 2024/25. Une réussite pour son propriétaire qui a investi dans son casino pour y proposer l’offre qu’il aimerait, lui-même, retrouver ailleurs.

Deux autres établissements dépassent les 20 % de croissance. Le casino d’Annemasse affiche +20,88 %, correspondant à son premier exercice plein après travaux. Le casino de Chaudes-Aigues, exploité par Arevian, dépasse pour sa part le million d’euros de PBJ.

Dans la même logique, Divonne-les-Bains, La Tour de Salvagny ou encore le nouveau casino de Fécamp chez JOA illustrent une réalité bien connue du secteur : un casino rénové ou relocalisé peut rapidement changer de dimension économique.

Une croissance solide, mais des équilibres fragiles

Au terme de l’exercice 2024/2025, le marché des casinos terrestres français affiche donc une croissance solide, portée par les établissements leaders et les opérateurs les mieux capitalisés. Pour autant, cette dynamique ne doit pas masquer la fragilité de certains équilibres.

La polarisation du marché se renforce, les écarts de performance se creusent et la capacité à investir devient plus que jamais un facteur clé de compétitivité. Dans ce contexte, les prochains exercices seront déterminants pour mesurer la capacité des casinos de taille intermédiaire à maintenir leur attractivité, dans un environnement réglementaire, fiscal et concurrentiel toujours exigeant.

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