Un monopole de plusieurs décennies sur le point de céder
Après des années de débats politiques et de préparation réglementaire, la Finlande a adopté l’an dernier une loi mettant fin aux droits exclusifs de Veikkaus, l’opérateur public historique. Le marché iGaming compétitif ouvrira officiellement ses portes le 1er juillet 2027.
La fenêtre de dépôt des licences B2C a été lancée le 1er mars 2026 sous l’égide du National Police Board, qui cèdera ensuite le contrôle à une autorité de supervision dédiée au moment du lancement.
Un potentiel de marché solide
La Finlande présente un profil de marché attractif : environ 70 % des adultes finlandais pratiquent une forme de jeu, l’un des taux de participation les plus élevés d’Europe. La demande existe, structurée par des décennies d’offre monopolistique. Les loteries en ligne sont attendues comme l’un des verticaux les plus porteurs dès l’ouverture.
24 candidatures, 50 attendues
Les données officielles confirment 24 demandes de licence déposées à ce jour. Les analystes anticipent que ce chiffre pourrait atteindre 50 opérateurs d’ici le lancement. L’écart s’explique par une partie de l’industrie qui adopte une posture attentiste, dans l’attente de la finalisation de deux points réglementaires clés :
- Les règles définitives sur la publicité pour les jeux d’argent
- Les exigences précises en matière de jeu responsable
À noter : chaque dossier fait l’objet d’un traitement pouvant aller jusqu’à six mois par le National Police Board, un calendrier à intégrer dans la planification des opérateurs.
Veikkaus reste dans la course
Malgré la concurrence à venir, Veikkaus demeure un acteur à surveiller. L’opérateur public a enregistré 936,3 M€ de revenus en 2025 (−2,4 % sur un an), une troisième année consécutive de baisse, mais a engagé une restructuration pour se positionner dans le marché libéralisé. Sa notoriété auprès des consommateurs finlandais constitue un avantage concurrentiel réel.
Un signal fort pour le modèle nordique
La Finlande et la Norvège étaient les deux derniers bastions du monopole d’État en Europe du Nord. Après les élections législatives de 2025 en Norvège, qui a reconduit un gouvernement sans mandat de libéralisation, la Finlande fait désormais cavalier seul dans cette transition.
Ce mouvement sera suivi de près par l’ensemble de l’industrie : taux de canalisation, fiscalité, réduction du marché offshore non régulé… autant de variables qui feront de ce marché un cas d’école pour les régulateurs et opérateurs qui observent le reste de la Scandinavie.

























