La Finlande a officiellement franchi une étape clé dans l’évolution de son cadre réglementaire des jeux d’argent. Publiée le 20 janvier 2026, la loi Rahapelilaki (10/2026) redéfinit en profondeur l’organisation du marché, en actant le passage d’un modèle historiquement fondé sur le monopole public vers une architecture hybride, combinant licences concurrentielles et exclusivités étatiques.
L’enjeu n’est pas anodin. Comme dans d’autres pays nordiques, le modèle de monopole, longtemps considéré comme un outil efficace de prévention et de contrôle, s’est progressivement trouvé confronté à une réalité difficile à ignorer : la montée en puissance du jeu en ligne transfrontalier et la difficulté croissante à canaliser la demande vers l’offre nationale régulée.
Un monopole affaibli par l’évolution des usages
Pendant des décennies, la régulation finlandaise des jeux d’argent s’est appuyée sur un principe simple : concentrer l’offre et la supervision entre les mains d’un acteur public unique, Veikkaus. Ce modèle visait à limiter l’exposition des joueurs, réduire les dommages liés au jeu et garantir un contrôle étroit des pratiques.
Ce cadre a toutefois montré ses limites avec la généralisation du numérique. L’accès facilité à des plateformes internationales, plus diversifiées et plus compétitives, a entraîné une érosion progressive du taux de canalisation. Une part significative de la consommation de jeu s’est déplacée hors du périmètre national, réduisant de fait la capacité de l’État à exercer un contrôle effectif, tant en matière de protection des joueurs que de supervision économique.