Le PMU et les bistrots, une histoire de terrain
Quand on regarde la carte du réseau PMU, on voit tout de suite l’enjeu. Quatorze mille cinq cents points de vente, disséminés dans des communes où les commerces se raréfient. C’est un maillage qu’aucun autre opérateur n’approche, et qui place le PMU dans un rôle que même l’entreprise semble redécouvrir depuis quelques années. Sur le terrain, ces bistrots sont souvent plus qu’un point de jeu. Ce sont des salles des fêtes improvisées, des relais d’information locale, des endroits où l’on se retrouve quand tout le reste a fermé.
La candidature poussée avec l’Association des Bistrots et Cafés de France tombe donc au bon moment. Chaque année, des dizaines d’établissements baissent le rideau, et avec eux s’efface un morceau de sociabilité. Le PMU ne peut pas financer tout le monde, mais il peut soutenir une démarche qui redonne de la visibilité à ces lieux. Et surtout, il peut rappeler que son activité dépend d’un écosystème vivant.
Une étude Ipsos citée par l’opérateur montre que 91 pour cent des Français ressentent l’urgence de recréer du lien social. Les bistrots figurent parmi les lieux jugés essentiels. Pour Christophe Curt, directeur général, l’enjeu dépasse largement l’univers des paris. L’homme sait que sans ces lieux, le PMU perdrait son ancrage, mais aussi son identité. « Les bistrots PMU structurent la vie des campagnes et des quartiers », dit-il. Et sur le terrain, c’est difficile de lui donner tort.
Une initiative qui prolonge “RetrouvonsNous”
Le soutien à la candidature UNESCO n’est pas isolé. Il s’inscrit dans la continuité du programme “RetrouvonsNous”, une initiative qui aide les exploitants à rénover, moderniser ou tout simplement maintenir leur établissement à flot. Dans certaines communes rurales, le PMU est parfois le dernier commerce ouvert. Quand le rideau tombe, c’est souvent le village entier qui perd un point d’ancrage.
L’opérateur le sait bien. Aider les bistrots, c’est défendre son propre terrain de jeu. Le partenariat prévoit même un bloc de compétences pour professionnaliser ceux qui veulent créer ou reprendre un café. Là encore, c’est un signe que le PMU cherche à s’impliquer sur la durée, en renforçant la filière plus qu’en se contentant de campagnes de communication.
Alain Fontaine, président de l’Association des Bistrots et Cafés de France, parle d’un “art de vivre à la française”. Sur le terrain, c’est surtout un quotidien fait de cafés allongés, de journaux ramassés tôt, de courses regardées à plusieurs. Le PMU ne prétend pas sauver le monde rural, mais il veut continuer à peser dans la balance. Sa stratégie est claire : rester un acteur utile dans des territoires où beaucoup d’opérateurs économiques ne vont plus.
Reste à voir si l’UNESCO sera convaincue. Mais quelle que soit la décision, le PMU a déjà marqué un point : rappeler que son réseau physique n’est pas un vestige du passé, mais un levier social encore puissant.