On entend souvent dire que Monaco vit au rythme des saisons. Ce premier semestre montre surtout qu’elle continue de s’appuyer sur un modèle complet, où chaque pilier du Resort renforce l’autre. La Société des Bains de Mer affiche un chiffre d’affaires global en hausse de 10 %, portée par une saison estivale très dense du côté de l’hôtellerie, de la restauration et des activités locatives. Le Casino n’est pas en retrait dans ce tableau, même s’il évolue aujourd’hui dans une équation plus serrée.
Les Jeux atteignent 134,7 millions d’euros de chiffre d’affaires, soit une progression de 6 % sur un an. Dans un paysage européen plutôt marqué par des croissances modestes, cette performance est loin d’être anecdotique. Elle tient surtout aux jeux de table, un segment qui incarne depuis toujours le positionnement premium de la place monégasque. Le Drop a fortement augmenté, signe qu’une clientèle internationale fidèle aux grandes destinations de jeu a répondu présent cet été. Les investissements récents comme les rénovations de l’offre hôtelière, les nouvelles offres haut de gamme et les expériences privées, jouent clairement leur rôle dans cette dynamique.
À l’inverse, les machines à sous reculent. Pas par désaffection du public, mais à cause d’un aléa statistique défavorable, un rappel que ce segment reste par nature sensible aux variations de courte période. La SBM le présente comme un épisode ponctuel, sans impact structurel sur la tendance portée par les tables.
Là où l’histoire est plus complexe, c’est sur la rentabilité. La redevance des Jeux a été relevée de 15 à 17 %. Deux points qui peuvent sembler minimes sur le papier, mais qui pèsent immédiatement sur le résultat opérationnel du pôle Casino. Le reste du groupe progresse, mais le segment Jeux, lui, voit son résultat reculer. C’est la nouvelle contrainte d’un modèle où la fiscalité devient un paramètre déterminant, presque aussi décisif que les performances commerciales.
La SBM rappelle d’ailleurs un point que tous les casinos connaissent bien : l’activité Jeux dépend fortement de l’aléa sur des périodes courtes, ce qui rend toute projection prudente. Cette prudence, elle l’inscrit désormais dans un contexte où l’environnement réglementaire pèse davantage dans son équation stratégique.
Pour le reste, la trajectoire globale du groupe demeure robuste. Les investissements ont atteint 67,6 millions d’euros sur le semestre, les infrastructures continuent de se moderniser et Monaco maintient son attractivité premium. Le Casino évolue donc dans un environnement exigeant, mais son socle reste solide. Les tables progressent, la clientèle internationale suit, et le modèle monégasque continue de tenir son rang malgré une fiscalité plus lourde.