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Pauline Hot : une nouvelle ère de régulation à la tête de l’ANJ

À la tête de l’Autorité Nationale des Jeux depuis quelques mois, Pauline Hot s’impose comme une figure de continuité et d’ouverture. Entre lutte contre les opérateurs illégaux, encadrement des nouvelles formes de jeu et affirmation du rôle public de l’ANJ, la haute fonctionnaire trace les contours d’une gouvernance exigeante et moderne.

Pauline Hot, nouvelle directrice générale ANJ
Crédit photo : ANJ
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Quelques mois après son arrivée à la direction générale de l’Autorité Nationale des Jeux, Pauline Hot s’affirme comme une dirigeante à la fois méthodique et lucide sur les défis du secteur. Diplômée de l’École Normale Supérieure et de l’ENA, ancienne conseillère d’État, elle incarne une approche institutionnelle rigoureuse au moment où le marché français du jeu se transforme profondément.

Dans un entretien accordé à SiGMA.world, elle rappelle que la régulation du jeu d’argent « n’est jamais figée ». Face à un marché en expansion, l’ANJ doit conjuguer protection des joueurs et dynamisme économique. « Jouer est permis, mais cela comporte des risques », martèle-t-elle, réaffirmant un principe essentiel : le jeu n’est pas un produit de consommation ordinaire.

Sous sa direction, l’ANJ poursuit une lutte active contre les opérateurs illégaux. En 2024, plus de 1 300 sites non autorisés ont été bloqués ou déréférencés grâce à une procédure administrative renforcée depuis 2022. Un progrès notable, même si, reconnaît-elle, « les moyens restent sous tension ».

2025 s’annonce comme une année de virage. L’arrivée des jeux à objets numériques (JONUM) et des jeux Web3 ouvre un champ encore peu encadré. Mais c’est aussi du côté des opérateurs historiques que les équilibres se redéfinissent. FDJ United, née de la consolidation d’activités autour de la Française des Jeux, concentre aujourd’hui une part majeure du marché légal. Une situation qui pousse l’ANJ à réaffirmer sa vigilance.

Pauline Hot confirme que l’autorité a demandé à FDJ United de revoir son plan marketing afin de l’aligner sur les objectifs publics de l’ANJ : modération de la publicité, responsabilité sociale et limitation des incitations excessives au jeu. Cette démarche, dit-elle, « illustre la capacité du régulateur à dialoguer avec les acteurs économiques tout en affirmant la primauté de l’intérêt général ».

Sur le dossier des casinos en ligne, la directrice générale reste prudente : « Si ce marché devait s’ouvrir un jour, cela se ferait à des conditions très strictes. » Une position claire, fidèle à la tradition française d’un encadrement fort du jeu d’argent.

Enfin, l’ANJ prépare de nouvelles initiatives de prévention, notamment pour les jeunes publics, en testant des outils de contrôle inspirés de modèles étrangers : cartes joueurs, QR codes, identification numérique en point de vente.

Pour Pauline Hot, la ligne est tracée : accompagner la croissance du marché, sans jamais banaliser le jeu. Une posture d’équilibre, à la fois ferme et visionnaire.

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