En février 2026, les décisions du collège de l’Autorité Nationale des Jeux étaient surtout centrées sur une série de décisions concernant l’offre de FDJ United. Autorisations de nouveaux jeux, homologations de règlements, reconduction de dispositifs existants : sur le papier, rien d’exceptionnel. Dans les faits, c’est une photographie très nette du portefeuille produit 2026 qui apparaît.
Et ce portefeuille repose sur trois moteurs très identifiables : les jeux instantanés, les jeux complémentaires et l’hybridation réseau digital.
Les jeux instantanés, colonne vertébrale du modèle
Sur le terrain, on le sait depuis longtemps. Le grattage reste le carburant quotidien du réseau. Les décisions de février le confirment.
Le lancement de Perle Rare à 2 euros, autorisé pour fin juin 2026, s’inscrit dans la gamme classique à forte rotation, avec un taux de retour aux joueurs de 65,5 %. De son côté, Émeraude vs Rubis, proposé à 5 euros en point de vente et en ligne, monte en intensité avec un gain maximal affiché à 500 000 euros.
On retrouve ici une mécanique bien rodée : couvrir plusieurs paliers de prix, de 2 à 5 euros, tout en maintenant une densité de gains intermédiaires suffisante pour soutenir la fréquence d’achat. C’est simple, lisible, efficace.
La reconduction de Mission Nature pour une quatrième édition en mai 2026 complète ce dispositif à 3 euros. Le produit ajoute une dimension institutionnelle via le financement de l’Office français de la biodiversité, tout en s’intégrant parfaitement à la segmentation tarifaire.
C’est sur le terrain que tout se joue. Et sur le terrain, l’instantané reste roi.
Les jeux additionnels pour muscler le panier
Deuxième axe visible dans les décisions : les jeux complémentaires.
Numéro7, désormais homologué, vient s’ajouter au Loto ou au Keno. Mise faible, tirage quotidien, mécanique simple. Même logique pour 2nd Tirage.
Ces produits ne bouleversent pas les jeux historiques. Ils les accompagnent. Leur objectif est clair : augmenter la valeur moyenne des prises de jeu sans complexifier l’offre principale.
Dans un réseau physique où chaque euro compte, cette stratégie d’addition douce est redoutablement efficace. Elle permet d’optimiser le panier sans créer de rupture d’usage.
Réseau et digital, une symétrie assumée
Autre enseignement majeur : la cohérence croissante entre le point de vente et l’online.
Perle Rare, Émeraude vs Rubis, Mission Nature, Numéro7, mais aussi Loto et Keno sont explicitement autorisés dans les deux environnements.
L’exemple le plus parlant reste Instant EuroMillions, homologué en ligne. L’univers de la grande marque est conservé, mais le produit est juridiquement distinct du tirage traditionnel. On capitalise sur la notoriété tout en créant un usage spécifique au digital.
Ce n’est plus une juxtaposition de canaux. C’est un portefeuille pensé comme un ensemble unifié.

Un portefeuille sous validation permanente
Ce que rappellent aussi ces décisions, c’est le degré d’encadrement. Chaque produit doit être autorisé, intégré au programme annuel, conforme aux exigences de taux de retour et compatible avec les objectifs de politique publique.
Le collège de l’autorité de régulation valide des jeux, oui. Mais il valide surtout une trajectoire.
Dans un contexte de monopole, la régulation ne porte pas seulement sur les pratiques commerciales. Elle structure directement l’offre. C’est une différence majeure avec les opérateurs en concurrence.
Une photographie stratégique de 2026
Pris ensemble, ces arbitrages offrent une lecture claire de la stratégie FDJ United en 2026 :
- centralité des jeux instantanés,
- développement des jeux additionnels,
- segmentation tarifaire maîtrisée,
- exploitation des grandes marques,
- convergence réseau digital.
Rien de spectaculaire. Mais une construction méthodique, validée étape par étape par le régulateur.

























