« SAVE OUR BETS »
L’enjeu n’est pas ici de dire si les hausses de taxes envisagées par le gouvernement sont pertinentes ou non. Ce qui mérite d’être observé, c’est la façon dont le jeu est instrumentalisé, politiquement et moralement, par des acteurs qui parlent au nom des communautés, des territoires et d’une certaine vision de la société.
Des arcades de bord de mer au « patrimoine national »
Dans le récit du Sun, la réforme fiscale ne touche pas des plateformes de pari en ligne, mais une galerie d’images très concrètes : les arcades du bord de mer avec leurs machines à pièces, les salles de bingo bondées, les bookmakers de quartier coincé entre la friterie et le kiosque, les hippodromes qui font vivre les campagnes.
Ce cadrage n’est pas neutre. Il transforme un secteur industriel diversifié en décor de carte postale, où le jeu semble d’abord être un prétexte à sortir, discuter, se retrouver, faire tourner l’économie locale. La taxe projetée devient alors, non pas une variation de points de prélèvement, mais une menace directe sur ce tissu social et commercial.