Un marché stable, mais sous tension
Si on se contente du pourcentage de croissance, 2025 ressemble à une année de transition sans relief. +1,21 %, ce n’est ni une crise, ni une reprise. Mais une lecture purement macro masque l’essentiel. Le marché suisse du casino en ligne est désormais arrivé à maturité. Et dans un marché mature, ce ne sont plus les volumes globaux qui racontent l’histoire, mais la manière dont la valeur circule entre les acteurs.
Autrement dit, quand le gâteau ne grossit presque plus, chaque part gagnée l’est forcément au détriment de quelqu’un d’autre.
Les 3,76 millions de francs suisse (environ 4 millions d’euros) supplémentaires générés en 2025 ne changent pas la donne globale. Ils suffisent à peine à compenser l’inflation des coûts, qu’il s’agisse d’acquisition, de technologie ou de conformité. Le message est clair pour les opérateurs : le marché ne “porte” plus personne.
Dans ce contexte, la performance se mesure en capacité à défendre ses positions, à capter des flux existants et à rester visible dans un environnement très concurrentiel. C’est une économie de transferts.
La concentration reste la clé de lecture principale
La structure du marché suisse est sans surprise, mais elle mérite d’être rappelée tant elle conditionne tout le reste.
En 2025, Mycasino.ch conserve sa place de leader avec 95,42 millions de francs, soit 30,44 % du marché observé. Swisscasinos.ch suit avec 76,57 millions (24,43 %), devant Jackpots.ch à 41,84 millions (13,35 %).
À eux trois, ces acteurs concentrent plus de 68 % du chiffre d’affaires. En élargissant au Top 5, la part grimpe à près de 84 %.
Cette concentration élevée signifie une chose très simple : la majorité de la valeur est captée par un noyau restreint de marques. Pour les acteurs situés en dehors de ce cercle, la question n’est plus vraiment de “croître avec le marché”, mais de trouver une place économiquement viable. Soit en montant en puissance, soit en assumant un positionnement plus ciblé, souvent plus risqué.