Un géant européen qui refuse la facilité
Quand on regarde la carte européenne des jeux d’argent, l’Allemagne attire immédiatement l’attention. Avec plus de 80 millions d’habitants, une économie robuste et une culture du jeu bien installée, tous les ingrédients semblent réunis pour faire de ce pays l’un des moteurs du gambling en ligne sur le continent.
Et pourtant, l’Allemagne n’a jamais cherché à jouer ce rôle. Contrairement au Royaume-Uni, à l’Italie ou même à l’Espagne, elle n’a pas suivi la trajectoire d’une ouverture progressive de l’online accompagnée d’une montée en puissance économique. Elle a fait un autre choix, plus politique que commercial : accepter l’existence du jeu en ligne, mais le contenir.
C’est ce positionnement singulier qui fait de l’Allemagne un marché à part. Un marché massif, mais fragmenté. Puissant, mais volontairement bridé. Structuré, mais rarement fluide. Pour les opérateurs, les investisseurs et les décideurs publics, comprendre l’Allemagne, c’est comprendre un contre-modèle assumé, presque pédagogique, à l’idée que la libéralisation serait l’horizon naturel du secteur.
Un ADN profondément terrestre
Pour saisir la logique allemande, il faut revenir à son histoire. Le jeu d’argent n’y a jamais été pensé comme une industrie globale ou exportable, mais comme une activité locale, tolérée sous conditions strictes. Pendant des décennies, le principe est simple : le jeu est acceptable s’il est visible, contrôlable et justifiable socialement.