Le récit d’un vote qui laisse la ville dans l’attente
Mercredi 26 novembre, l’ambiance était électrique au conseil municipal de Bagnères-de-Luchon. Après plus d’une décennie de fermeture, certains pensaient voir enfin avancer le dossier du casino. Finalement, le scénario de juillet s’est répété. Par un vote extrêmement serré, dix voix contre neuf, les élus ont refusé d’accorder la délégation de service public au groupe Golden Palace, pourtant seul candidat sérieux pour reprendre l’établissement.
Pour le maire, Eric Azémar, c’est un revers. Depuis des mois, il défendait cette relance comme un levier économique et patrimonial. Luchon est l’une des rares villes thermales à ne plus disposer d’un casino et il voyait dans cette réouverture un moyen de compléter l’offre proposée aux curistes, aux habitants, mais aussi au voisinage du Val d’Aran, régulièrement en demande de nouvelles activités.
Un projet qui achoppait sur ses conditions
Le refus ne vise pas le principe d’un casino. Une majorité d’élus est même favorable à un retour de l’activité. C’est le cadre proposé qui n’a pas convaincu. La DSP prévoyait un bail de 20 ans et un niveau de redevance démarrant à 6 % du Produit Brut des Jeux. En soi, rien de choquant dans un marché où les communes cherchent de la visibilité sur le long terme. Le vrai sujet se situait ailleurs : l’investissement.
Golden Palace s’engageait à injecter environ 4 millions d’euros pour rénover un bâtiment vieillissant. De son côté, la ville devait apporter plus de 3 millions sur trois ans. Le maire estimait que 70 pour cent de cette somme pouvait être subventionnée, mais rien n’était garanti alors que la situation financière de Luchon reste fragile. Pour beaucoup d’élus, le risque était trop élevé pour une commune déjà sous surveillance de la chambre régionale des comptes.
Un territoire en quête de solutions
Pour Luchon, l’équation n’est pas simple. Sans casino, la ville thermale reste amputée d’un équipement culturel et touristique majeur. Avec un casino, elle doit assumer un investissement lourd. La perspective d’une réouverture s’éloigne elle aussi, faute de consensus politique.
Sur le terrain, les acteurs économiques observent, conscients que la relance d’un tel site pourrait peser sur l’attractivité globale du territoire. Pour l’instant, Luchon reste dans l’entre-deux, avec un dossier qui attend encore son dénouement.