Une saison des clubs de jeux écourtée mais révélatrice
La saison 2024-2025 restera une anomalie statistique. Deux mois de fermeture administrative, un vide juridique de huit semaines et l’annulation de l’European Poker Tour (EPT) Paris ont bousculé l’équilibre d’un secteur déjà sous tension. Pourtant, le constat est clair : malgré une contraction temporaire, le modèle parisien a tenu.
Les sept clubs de jeux parisiens ont généré 97,9 millions d’euros de PBJ sur 10 mois d’exploitation, soit un potentiel extrapolé à 122 millions d’euros sur 12 mois, un niveau quasiment identique à 2023-2024. Autrement dit, la demande n’a pas disparu, elle s’est simplement mise en pause. Ce qui laisse entrevoir une forme d’élasticité du marché en fonction de l’offre.
Mais sous cette apparente stabilité, la hiérarchie s’est profondément recomposée. Le marché se concentre désormais autour de deux locomotives qui, à elles seules, pèsent plus de 50 % de l’activité parisienne.
1 – Le Club Pierre Charron ou la machine de guerre du triangle d’or
Impossible d’évoquer le marché parisien sans parler du Club Pierre Charron, devenu en quelques années le véritable centre de gravité du jeu de table à Paris. Avec 30 millions d’euros de Produit Brut des Jeux (PBJ) sur 10 mois, et une estimation à 37 millions sur 12 mois, le Club représente à lui seul 31% du marché parisien. Fait notable : il parvient à générer en 10 mois l’équivalent de son chiffre de l’exercice précédent sur une année complète. En quatre saisons, sa croissance cumulée dépasse 65 %, un rythme impressionnant dans un environnement encore sous statut expérimental. Ce succès ne doit rien au hasard. Le Club Pierre Charron a misé sur une stratégie lisible : positionnement haut de gamme, excellence opérationnelle et une offre poker devenue référence, autant pour les réguliers que pour les joueurs internationaux.