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DGOJ : le marché espagnol du jeu en ligne confirme sa croissance

Porté par le casino et une intensification des investissements marketing, le marché espagnol du jeu en ligne atteint 1,7 milliard d’euros en 2025 selon la DGOJ. Une croissance toujours forte, mais désormais marquée par une montée en maturité et une pression accrue sur les modèles économiques.

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Le marché espagnol du jeu en ligne poursuit sa trajectoire ascendante. Selon les données publiées par la Dirección General de Ordenación del Juego (DGOJ), le régulateur espagnol, le produit brut des jeux atteint 1,7 milliard d’euros en 2025, en progression de +16,99% sur un an.

Ce niveau record confirme la place de l’Espagne parmi les marchés européens les plus dynamiques. Mais au-delà de la performance, c’est surtout la transformation du marché qui retient l’attention.

On n’est plus dans une phase d’ouverture ou d’expansion rapide. Le marché espagnol entre dans une logique de maturité, où la croissance repose davantage sur l’optimisation que sur la conquête.

Un leadership désormais incontestable du casino

Premier enseignement du rapport de la DGOJ : la domination du casino en ligne est désormais installée. Avec 893 millions d’euros de PBJ, il représente 52,5% du marché total.

Cette bascule est structurante. Elle repositionne le casino comme principal moteur de valeur, loin devant les paris sportifs (41%).

Dans le détail, la dynamique repose très largement sur les machines à sous, qui concentrent près de 70% de l’activité du segment. Leur croissance est particulièrement soutenue (+30,78%), ce qui traduit une évolution nette des usages vers des formats rapides et répétitifs.

À l’inverse, les jeux de table traditionnels s’essoufflent. La roulette classique recule de -13,24% et le blackjack de -1,21%.

Le signal est clair : la croissance du casino repose sur les produits les plus intensifs en engagement et en monétisation.

Le leader du marché des jeux d'argent en ligne espagnol n'est autre que bet365. L'actuel sponsor de la Champions League propose l'ensemble de l'offre légale avec un succès qu'il espère reproduire de l'autre côté des Pyrénées.
Le leader du marché des jeux d’argent en ligne espagnol n’est autre que bet365. L’actuel sponsor de la Champions League propose l’ensemble de l’offre légale avec un succès qu’il espère reproduire de l’autre côté des Pyrénées.

Des paris sportifs qui rebondissent sans dominer

Les paris sportifs restent le deuxième pilier du marché, avec 41% de part de marché et une croissance de +14,9% sur un an selon la DGOJ.

La progression est principalement portée par les paris à cote fixe (+25,82%), tandis que le live betting continue de croître à un rythme plus modéré (+6,39%).

En parallèle, certaines verticales historiques décrochent. Le poker recule de -4,6%, notamment en raison d’une baisse de l’offre de tournois. Le bingo (-6,69%) devient une activité marginale.

On observe ici une concentration progressive du marché autour de quelques produits dominants, au détriment d’une offre plus large.

Une explosion des dépenses marketing

Autre point clé du rapport de la DGOJ : l’intensification très nette de la pression marketing.

Les investissements atteignent 664,4 millions d’euros en 2025, en hausse de +25,8%. Une croissance significativement plus rapide que celle du PBJ.

Les promotions dominent largement avec 347,2 millions d’euros, confirmant leur rôle central dans l’acquisition et la rétention. La publicité représente 244,2 millions d’euros, malgré un cadre réglementaire déjà restrictif. L’affiliation atteint 59,9 millions d’euros.

Le sponsoring, bien que marginal en volume (13 millions d’euros), affiche la plus forte progression (+140%).

Ce que montre clairement la DGOJ, c’est un marché entré dans une phase de concurrence marketing intense. La croissance ne suffit plus : elle s’achète.

Et cela a une conséquence directe pour les opérateurs : une hausse continue des coûts d’acquisition.

Parmi le trio de tête des opérateurs en France, Winamax est le seul à s'aventurer sur le marché espagnol avec son offre de paris sportifs et de poker mise en avant notamment par ses joueurs sponsorisés locaux, Leo Margets et Adrian Mateos.
Parmi le trio de tête des opérateurs en France, Winamax est le seul à s’aventurer sur le marché espagnol. Son offre de paris sportifs et de poker est mise en avant notamment grâce à ses joueurs sponsorisés locaux, Leo Margets et Adrian Mateos.

Une base de joueurs en expansion maîtrisée

Côté joueurs, les indicateurs restent bien orientés. Toujours selon la DGOJ, le marché compte 2,16 millions de joueurs actifs (+8,3%) et 1,73 million de comptes actifs mensuels (+20,4%).

En moyenne, 169 858 nouveaux comptes sont créés chaque mois (+11,7%).

Les flux financiers suivent cette tendance. Les dépôts atteignent 4,32 milliards d’euros (+21,5%) et les retraits 3,01 milliards d’euros (+23,8%).

Ces données traduisent un marché à la fois en croissance et en structuration. L’activité par joueur augmente, signe d’un engagement plus fort et d’une meilleure monétisation.

Un marché mature mais encore en expansion

La lecture globale du rapport de la DGOJ est assez claire. Le marché espagnol n’est plus dans une phase de développement initial.

La croissance repose désormais sur trois leviers : la montée en puissance du casino, l’optimisation des stratégies marketing et l’augmentation de la valeur par utilisateur.

L’objectif implicite d’un marché à 2 milliards d’euros de GGR à horizon 2026 confirme que la dynamique reste positive. Mais elle devient plus exigeante.

Lecture stratégique : un modèle sous tension

Pour les opérateurs, le marché espagnol devient plus complexe.

Première tension : l’inflation des coûts marketing. Avec une hausse de +25,8%, plus rapide que celle du marché, la pression sur les marges s’intensifie.

Deuxième tension : la dépendance au casino. Avec plus de 50% du PBJ, il devient central dans la création de valeur, mais pose des questions en matière de diversification et de risque réglementaire.

En filigrane, le cas espagnol, tel que documenté par la DGOJ, illustre une tendance plus large en Europe. Des marchés régulés, toujours en croissance, mais de plus en plus compétitifs et coûteux à opérer.

La croissance est toujours là. Mais elle change de nature.

Et dans ce nouveau cycle, la performance ne dépend plus seulement de la capacité à recruter, mais de celle à optimiser.

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