Un parc stable, une croissance réelle
L’exercice comptable 2024 2025, du 1er novembre 2024 au 31 octobre 2025, se clôt sur 202 casinos en activité. Le périmètre évolue peu, avec la fermeture de Soulac au cours de l’été, sans autre mouvement significatif. Les données analysées ici se concentrent volontairement sur deux variables, le PBJ (Produit Brut des Jeux) et les entrées, afin de comparer les établissements sur une base homogène.
Le PBJ reste la mesure la plus lisible du poids économique des casinos, car il sert à la fois d’indicateur de performance et d’assiette de la fiscalité des jeux. Mais il ne dit pas tout. La structure de revenus se complexifie avec la montée des activités hors-jeux et des revenus annexes. Résultat, deux casinos affichant un PBJ comparable peuvent présenter des marges, des coûts d’exploitation et des capacités d’investissement très différentes.
Un modèle toujours dominé par les machines à sous
La répartition du PBJ confirme la nature du modèle français. Les machines à sous concentrent 82 % du PBJ, ce qui en fait le pilier économique du secteur, à la fois en volume et en régularité de rendement. Les jeux de table électroniques représentent 11 % du PBJ, portés notamment par les roulettes électroniques, qui combinent accessibilité, productivité et exploitation plus souple.
Les jeux de table traditionnels pèsent 8 %, un segment minoritaire en valeur, mais stratégique pour l’image, l’animation commerciale et la montée en gamme de certains sites. Cette structure reste stable par rapport à l’exercice précédent, ce qui confirme une dépendance persistante aux machines à sous.
Une croissance captée par les leaders, un marché qui se polarise
L’analyse par strates confirme un phénomène de concentration. La croissance est d’abord captée par le haut du classement. Le Top 10 progresse en moyenne de 6,7 %, soit plus du double de la moyenne nationale. La progression se diffuse ensuite plus lentement dans le reste du marché, ce qui signifie une chose simple, le secteur croît, mais il ne croît pas de façon uniforme.
Cette polarisation s’explique par des avantages structurels. Les grands casinos disposent de zones de chalandise plus larges, d’une accessibilité supérieure, d’un pouvoir de marque, et surtout d’une capacité d’investissement qui agit comme un accélérateur de performance. À l’inverse, les casinos intermédiaires et plus petits restent plus exposés aux aléas locaux, à la saisonnalité, et aux arbitrages des collectivités concédantes. Quand l’investissement se tend, l’écart se creuse mécaniquement.
Enghien, un cas à part, et un signal sur les jeux de table
Dans ce paysage, Enghien-les-Bains reste un cas à part. L’établissement conserve très largement sa place de numéro un, à la fois en PBJ et en fréquentation, malgré une entrée payante.
