Accueil Jeux Pays-Bas : un marché des jeux d’argent mature et sous contrôle
JeuxLégislation nationale

Pays-Bas : un marché des jeux d’argent mature et sous contrôle

Cet article s’inscrit dans la série de Les Enjeux consacrée aux grands marchés européens, après l’Espagne. Les Pays-Bas offrent un terrain d’observation unique : un marché qui s’est ouvert tardivement au digital, a connu un boom rapide, puis un resserrement massif. Résultat : un écosystème stable, très normatif, et observé de près par les autres pays européens.

Pays-Bas
Partager

Un marché qui a glissé du monopole au modèle mixte

Quand on regarde l’évolution des jeux d’argent aux Pays-Bas depuis vingt-cinq ans, on voit un pays qui est passé d’un modèle public et fortement centralisé à l’un des écosystèmes en ligne les plus contrôlés du continent. Jusqu’au tournant des années 2000, le paysage était figé : Holland Casino pour les casinos terrestres, une loterie d’État dominante, et un marché des automates étroitement régulé. Le digital n’existait pas encore juridiquement, mais il arrivait par la bande, via les opérateurs offshore.

Ce glissement vers un marché mixte n’a rien d’un big bang. Il ressemble davantage à un long déplacement de plaque tectonique. Mais l’arrivée de la Kansspelautoriteit en 2012, puis l’entrée en vigueur de la loi KOA en 2021, ont tout réorganisé. Là où l’Italie et le Danemark ont ouvert tôt, les Pays-Bas ont choisi la prudence. Et cette prudence continue aujourd’hui d’orienter toutes les décisions, au point d’en faire un laboratoire de la régulation dure en Europe.

Un socle historique très public, structuré par la loi de 1964

La Wet op de kansspelen, adoptée en 1964, repose sur un principe simple : tout est interdit, sauf ce que l’État autorise explicitement. Pendant des décennies, cela a donné un marché très lisible, organisé autour de trois piliers. Holland Casino, d’abord, avec son réseau de quatorze établissements dont les bénéfices vont directement au Trésor. La loterie d’État, ensuite, regroupée depuis 2016 au sein de Nederlandse Loterij, aujourd’hui acteur quasi hégémonique. Enfin, les machines à sous, autorisées dans les salles de jeux et certains établissements depuis 1986, mais encadrées de façon millimétrée.

La lecture de cet article est réservée aux membres

Abonnez-vous gratuitement ou connectez-vous

Envie de lire la suite ?
Créez gratuitement votre profil Les Enjeux !
Déjà abonné ?

Connectez-vous :

Articles associés

Belgique : la Cour constitutionnelle questionne le statut privilégié de la Loterie nationale

Un marché belge de plus en plus encadré Les règles du jeu...

Brésil : le nouveau géant des jeux en ligne déjà face à ses premières tensions réglementaires

Le Brésil, nouveau poids lourd mondial du gambling Pendant longtemps, le Brésil...

Berck-sur-Mer : la mairie reprend possession du bâtiment du casino

La délégation du casino de Berck-sur-Mer, confiée au Groupe Partouche, est arrivée...

Pays-Bas : le durcissement sur les jeux d’argent peut-il affaiblir le marché régulé ?

Un signal politique lourd de sens La nouvelle coalition gouvernementale néerlandaise D66,...