En travaillant dans le jeu, on finit tous par faire le même constat. Qu’un joueur ouvre une lootbox ou qu’il lance un Expresso, son cerveau réagit selon des schémas bien connus. Rien de magique. Les product managers des deux secteurs utilisent la même boîte à outils comportementale, alimentée par des années de recherche académique.
Ce n’est pas un jugement de valeur, simplement un état des lieux. Et comprendre ces mécaniques, c’est se donner les moyens de construire de meilleures expériences, plus efficaces, plus assumées.
En France, l’Autorité Nationale des Jeux encadre les taux de retour, les limites de mises, la publicité. Mais la plupart des mécanismes dont il sera question ici échappent à son périmètre.
La boîte à outils produit qui relie gaming et gambling
1. Le renforcement à ratio variable
En 1938, un psychologue comportementaliste de Harvard, B.F. Skinner, découvre un fait contre-intuitif en observant ses rats de laboratoire : ils appuient davantage sur le levier quand ils ne savent pas quand la récompense va tomber. Des décennies plus tard, des études sur des sujets humains confirmeront le même effet. Skinner en tire un principe fondamental : l’incertitude sur le moment de la récompense crée un engagement plus fort qu’une récompense prévisible.
Dans FIFA Ultimate Team, chaque pack ouvert pourrait contenir Mbappé ou un joueur anonyme. Dans un Expresso, le multiplicateur pourrait être x2 ou x1000. Même incertitude, même ressort.